Guillaume Soucy


Je poursuis présentement un doctorat en philosophie à l’UQAM sous la direction de Mauro Rossi. J’ai complété une maîtrise en philosophie à l’Université de Montréal en 2018. Je suis également chargé de cours à l’UQAM, directeur de Philopolis 2020, membre du comité de rédaction d’Ithaque et coordonnateur du GRIN.

Mon projet de thèse se veut en continuité directe avec mes recherches entamées à la maîtrise. Alors que dans mon mémoire j’ai voulu déterminer comment se positionnent les théories constructivistes dans le débat sur le réalisme moral, je chercherai maintenant plutôt à défendre de manière positive une compréhension constructiviste de la normativité en général. Pour y arriver, je vais investiguer ce que plusieurs auteurs ont identifié comme une symétrie apparente entre les phénomènes de la valeur morale et de la valeur esthétique. Selon Louise Hanson, il existe en effet un lien très fort entre méta-éthique et méta-esthétique. Les deux domaines de réflexion se penchent sur des problèmes très proches, la question du réalisme des propriétés normatives leur étant centrale, et les différentes réponses portent souvent les mêmes appellations : non-cognitivisme, théorie de l’erreur, réalisme robuste… Cependant, il n’existe toujours pas de théorie à proprement constructiviste dans la littérature méta-esthétique. Pourtant, je crois que le paradigme constructiviste est le mieux indiqué pour rendre compte du phénomène esthétique. Autrement dit, je m’accorde avec l’idée de Sharon Street selon laquelle les propriétés normatives sont ultimement subjectives et contingentes, mais (minimalement) objectivement engendrées par ce qu’implique le point de vue (standpoint) d’un agent. Bref, ce que je tenterai de démontrer dans cette thèse, c’est qu’il y a un lien entre la façon dont nous en venons à juger les choses belles et la façon dont nous en venons à juger les choses bonnes, et que ce lien s’explique du fait que les propriétés normatives sont tout simplement le produit des attitudes de valorisation d’un agent.

Mes intérêts de recherche sont donc principalement en méta-éthique et en méta-esthétique, mais je m’intéresse aussi à l’éthique normative, à la philosophie politique et à l’épistémologie.

 

Bibliographie:

  • Goldman, Alan. 1995. Aesthetic Value. Boulder: Western Press.
    —- 2014. « Realism and Aesthetics », Encyclopedia of Aesthetics (2 ed.), Michael Kelly (éd.). Oxford: Oxfor University Press.
  • Hanson, Louise. 2013. « The Reality of (Non-Aesthetic) Artistic Value. » Philosophical Quarterly, 63: 492–508
    —- 2018. « Moral Realism, Aesthetic Realism, and the Asymetry Claim », Ethics, 129: 39-69.
  • Mackie, John. 1977. Ethics: Inventing Right and Wrong. Harmondsworth: Penguin.
  • McDowell, John. 1983. « Aesthetic value, objectivity, and the fabric of the world. » Dans Pleasure, Preference & Value, Eva Schaper (éd.):1-16. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Miller, Richard. 1998. « Three versions of objectivity: aesthetic, moral, and scientific. » Dans Aesthetic and Ethics: Essays at the intersection, Jerrold Levinson (éd.): 26-58. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Pettit, Philip. 1983. « The possibility of aesthetic realism. » Dans Pleasure, Preference & Value, Eva Schaper (éd.): 17-38. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Street, Sharon. 2010. « What is Constructivism in Ethics and Metaethics? », Philosophy Compass, 5: 363-384.
    —- 2012. « Coming to Terms with Contingency: Humean Constructivism about Practical Reason. » Dans Constructivism in Practical Philosophy, Jimmy Lenman & Yonatan Shemmer (éds.): 40-59. Oxford: Oxford University Press.

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