Maxime Berthiaume

J’ai obtenu un baccalauréat en philosophie en 2018 à l’Université de Montréal. Depuis, je complète
une maitrise en philosophie avec l’option enseignement au collégial à la même université. Durant
cette maitrise, je rédige un mémoire sous la direction de Mme Christine Tappolet.

Je travaille principalement en méta éthique. Plus précisément en épistémologie morale, sur le questionnement quant à la possible objectivité de propositions normatives en éthique. Cette possibilité dépend de la capacité de justifier des énoncés normatifs. Cet intérêt pour la méta éthique est inspiré de Descartes et de son analogie de l’arbre. Je m’intéresse aux racines de l’éthique, à la base, ce à partir de quoi on construit des théories, ce qui est présupposé par le reste de l’éthique.
Prenons un exemple classique, celui d’un cas où deux interlocuteurs sont en accord sur les faits, mais ont un désaccord normatif sur l’évaluation de ces derniers. La question que je me pose est si ce type de désaccord est soluble (et pourquoi), ou si les deux individus ne peuvent pas vraiment justifier que leur posture normative est plus vraie que celle de leur interlocuteur. Dans la littérature actuelle, les intuitions ont un rôle absolument central dans la large majorité des des théories de la justification. Que ce soit par l’équilibre réfléchi qui est la méthode par défaut en éthique, par l’intuitionnisme, par le constructivisme ou la plupart des autres méthodes de
justification, l’intuition va intervenir à un certain moment. Il semblerait donc qu’il y ait une relation
très étroite entre la justification d’énoncés normatifs en éthique et nos intuitions morales. Se
questionner sur le pouvoir épistémique des intuitions est donc essentiel pour savoir s’il est possible
de fonder objectivement l’éthique et c’est pourquoi j’accorde une importance spéciale aux intuitions
morales dans mon mémoire.