Sacha-Emmanuel Mossu

À l’automne 2019, j’ai obtenu mon baccalauréat intégré en philosophie et science politique à l’Université Laval. Dans ce programme, j’ai développé de grands intérêts pour les institutions démocratiques, la justice sociale, la justice climatique et l’éthique animale. À l’hiver 20202, j’ai entamé une maîtrise en philosophie à l’Université Laval sous la direction de Patrick Turmel.

Mon projet de recherche porte sur la philanthropie en démocratie. Plus précisément, je m’intéresse aux types de justifications normatives offertes en appui aux déductions fiscales pour les dons philanthropiques dans un contexte démocratique. Puisque les dons sont faits dans l’optique de poursuivre le bien commun, ils sont souvent considérés comme une forme de consommation publique qui permet de résoudre les problèmes publics plus efficacement que l’État et de favoriser le pluralisme dans la société civile, ce qui justifierait d’offrir une déduction d’impôt aux donateurs. Dans mon mémoire, je m’opposerai à cette position et tenterai de montrer comment les déductions fiscales pour les dons philanthropiques sont antidémocratiques. Celles-ci font en sorte que l’État se retrouve à financer la poursuite des conceptions du bien commun des individus les plus fortunés qui contournent en même temps la procédure commune de prise de décisions. Alors que les plus nantis sont souvent déjà surreprésentés au sein des arènes politiques, les déductions se retrouvent donc à accentuer les disparités d’influence de la sphère publique déjà existante entre les individus.

Je suis membre étudiant de l’IDÉA (l’Institut d’Éthique appliquée de l’Université Laval) et du GRIN (Groupe de recherche interuniversitaire sur la normativité). Je participe aussi au programme Bourse de formation à la recherche (BFR) de Mitacs à l’automne 2020 où j’animerai un cercle de lecture à distance avec Patrick Turmel à l’IDÉA sur le livre The Machinery of Government : Public Administration and the Liberal State par Joseph Heath.